Etre une femme (ou plutôt essayer)
LA paire d’escarpins de vraie femme, je l’ai convoitée tout l’hiver, essayée un nombre incalculable de fois pour y renoncer immanquablement. Mon être tout entier, en particulier mes pieds capricieux, les refusaient en bloc, conditionnés entre autre par le confort du plat
Ils trouvaient toujours le moyen de me faire dire à la vendeuse la phrase typique : « je vais réfléchir » :
- Talons trop hauts, trop fins : « méfie-toi, c’est la gamelle assurée et une jolie entorse de derrière les fagots« .
- Trop raides, mes pieds tyranniques m’envoient dans ces cas-là des menaces très précises du genre « prend-les et elles resteront au placard tant tu souffriras« .
- Trop loin de moi, vous savez cette histoire de style qui vous colle à la peau, la menace cédait alors la place à la moquerie : « arrête de vouloir jouer les femmes, ça ne te va pas du tout ».
Enfin au détour d’une virée au bureau de poste de mon quartier, mes pieds ont accepté un compromis vite-fait bien-fait, à la bonne heure !
Les voici associés à un pantalon rose dragée également convoité et qui curieusement a échappé à ma fameuse règle débile du « j’achète, je mets ». Le pauvre poireaute en effet depuis un mois avec son étiquette, tout seul avachi sur une chaise.



Commentaires